La respiration en Sensitive Gestalt Massage®

Article 5

par Véronique Desseaux

Sans respiration, il n’y a pas vie. C’est un mécanisme physiologique indispensable à toutes nos cellules consommatrices d’oxygène. C’est donc grâce à la respiration avec une phase d’inspiration et une phase d’expiration que nos poumons détoxiquent le sang veineux et oxygènent le sang artériel.

Ce pompage incessant est réalisé par la contraction des muscles respiratoires dont le diaphragme joue le rôle primordial.

1. Morphologie du diaphragme

Le diaphragme peut être comparé à une coupole relevée vers l’avant ayant des insertions musculaires sur tout le pourtour costal profond, sternum, côtes et vertèbres lombaires. Sa partie supérieure, appelée centre phrénique, n’est pas contractile, à l’opposé de toutes les fibres musculaires qui en rayonnent. Grâce à ces fibres élastiques, le diaphragme est le principal muscle inspirateur. Quand la coupole descend avec un élargissement de son pourtour, le volume des  poumons, étirés vers le bas, augmente. C’est l’inspiration avec la rentrée d’air et l’abdomen se détend. Lorsque le diaphragme reprend sa place et se trouve détendu en remontant, c’est l’expiration car les poumons se vident. Le diaphragme joue un rôle essentiel par sa position entre la cage thoracique et l’abdomen. Il sépare de façon imagée, une poche d’air (les poumons compressibles) et le coeur d’une poche d’eau (l’espace métabolique) qui ne l’est pas et qui pourra se déformer à chaque cycle d’inspiration-expiration ou cycle de tension-détente.

Diaphragme

2. La respiration en S.G.M.

La respiration en Sensitive Gestalt Massage® du client est un processus qui est contrôlé au début de la séance et sporadiquement pendant la durée du massage. Trois paramètres rentrent en ligne de compte :              *l’amplitude du volume d’air inhalé ;                                                                        *le lieu par une respiration haute, moyenne (thoracique) ou basse (abdominale) ;                                                                                                                  *et le rytme respiratoire (rapide ou lent).

Nous pratiquons en S.G.M. une respiration  ample, basse et régulière qui est décrite en 5 points lors des formations ; cette respiration rappelle celle du nourrisson jusqu’à ses deux ans environ. Elle stimule non seulement les poumons mais aussi tous les organes situés dans l’abdomen. Elle sollicite les trois étages de la cage thoracique. Quand le diaphragme descend lors d’une inspiration profonde, l’air remplira au mieux la majorité des alvéoles du bas vers le haut des poumons. Cette respiration abdominale complétée par la respiration thoracique permet d’apporter à nos cellules le supplément de revitalisation et d’évacuation de leurs toxines; elle permet d’inspirer un plus grand volume d’air afin que l’expiration qui s’ensuit laisse l’air s’échapper lentement et consciemment par la bouche légèrement entre-ouverte. A chaque expiration, les tensions peuvent s’échapper et la détente peut s’installer. Avant l’inspiration suivante, une apnée courte de quelques secondes est proposée pour permettre de maîtriser sa respiration et d’augmenter sa capacité respiratoire. Ainsi, l’air contenu dans le bas des poumons est utilisé et fera place à l’arrivée d’une nouvelle bouffée d’oxygène à l’inspiration suivante. Cette courte apnée ralentit le rythme cardiaque et permet à la circulation sanguine de s’adapter en irrigeant d’avantage le cerveau et le coeur. A cela s’ajoute la notion d’écoute au niveau de l’affinement des ressentis comme, par exemple, celui du bras droit massé par rapport à l’autre. Le client aura aussi la sensation qu’à l’inspiration suivant, l’air rentre tout seul sans effort et que son abdomen se détend. Le client attend ainsi le besoin d’air pour inspirer à nouveau. Cette réhabilitation de la respiration du nourrisson, accompagnée par des gestes accompagnant la parole, se fait systématiquement lors du pré-contact, après la prise de contact. Le client se laisse guider et pourra être à nouveau sollicité au cours du massage afin de l’aider à amplifier l’effet profond du massage. La sollicitation du diaphragme plus consciente s’associe aussi à une bonne gestion du stress. Le client pourra par la suite  pratiquer cet exercice de la respiration régulièrement  pour qu’elle devienne de plus en plus fluide et naturelle en toute situation. La pratiquer ainsi, en cas d’anxiété ou de stress, de tensions musculaires, de respiration haute, de souffle coupé, en étonne plus d’un. Elle est très efficace pour contrôler les émotions, pour aider à la concentration et pour favoriser le sommeil. En y ayant recourt, elle deviendra automatique et en particulier pour retrouver de bon cœur le rire spontané particulièrement réparateur.

3. Physiologie de la Respiration en mode de relaxation

Les résultats de cette respiration consciente, apportant beaucoup plus d’oxygène au cerveau, auront de multiples effets sur tout l’organisme : les cellules et le sang mieux oxygénés impactant les muscles, les nerfs, la peau et tous nos organes sans exception, microbiote abdominal compris, le deuxième cerveau. Nous pouvons aussi parler de la force vitale accrue pour mieux gérer son énergie.

L’expiration sollicitée par la bouche entre-ouverte, contribue à relâcher les muscles du visage et en particulier les masseters, ces muscles les plus puissants de l’organisme pouvant tracter mille fois plus que ce qu’ils doivent supporter.

Cette expiration participe surtout à la régulation du système nerveux parasympathique, en opposition à l’orthosympathique (sollicité par le stress), qui est impliqué dans la régulation des fonctions autonomes de l’organisme. Ainsi, dès le pré-contact (avant le massage), la relaxation globale est rapidement installée aussi bien sur le plan physique, mental et émotionnel, ce qui démontre sans aucun doute l’implication positive du nerf vague.

Cette relaxation amène également des bâillements qui contribuent aussi à détendre le corps et à faire rentrer d’avantage d’oxygène. C’est ce qui se passe très souvent en début de massage.

En plus, au cours du massage et à plusieurs reprises, le massé est invité à expirer profondément en émettant un son grave au cours d’une gestuelle particulière (en suivant, par exemple, la descente des mains du masseur le long de la colonne vertébrale). Le massé participe ainsi, grâce à cette respiration consciente, à la détente générale et profonde à travers tout son corps.

Toutes les règles d’hygiène seront ainsi sollicitées pour installer définitivement la réhabilitation de cette respiration abdominale. L’état physique ainsi que la psyché s’en porteront beaucoup mieux…

Respirer à pleins poumons selon l’expression populaire ne peut faire oublier la respiration de notre peau en allant le plus possible dans la nature : eau, air, soleil, vent, bains, soins et en recevant de temps en temps de bons massages et tout particulièrement en Sensitive Gestalt massage®.

4. Quelques suggestions

* Florence Villien : « La respiration anti-stress dans la vie quotidienne et au travail » Ed. J.Lyon fév. 2009, Coll. Articles sans C

* Daniel-Kieffer :Tout-savoir-sur-la-respiration Ed. Jouvence, Août 2019

*Et regarder une des interviews sur le Microbiote intestinal qui parle des « Règles  d’hygiène pour avoir un bon microbiote intestinal »

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